vendredi 15 mars 2013

B comme bière - Tom Robbins



Suite à une kronik vidéo de la Critic Team, je me suis laissé convaincre par ce court roman ! J'avais besoin d'un divertissement à ce moment là et je peux déjà dire qu'à ce niveau là le contrat est rempli !!





À la veille de ses 6 ans, Gracie s'interroge. Quel est ce mystérieux liquide que les adultes ingurgitent avec une telle satisfaction ? Si son père élude ses questions sur la bière, l'Oncle Moe s'avère plus loquace. Il propose même à sa nièce de l'emmener visiter la Brasserie Redhook. Mais quand elle apprend que la visite n'aura pas lieu, Gracie a un accès de colère et engloutit une canette trouvée dans le frigo. Elle voit alors surgir la sympathique Fée de la Bière. Commence alors pour la fillette un voyage fabuleux et instructif au pays de l’alcool couleur de miel.


B comme bière est un conte enchanteur dont la lecture a l'art d'enivrer petits et grands. À consommer sans modération.




C'est donc à l'aube de ses 6 ans que la petite Gracie va essayer d'avoir plus d'explications sur la bière. Cet étrange breuvage couleur de pisse est-elle une boisson tel que le cola mais pour les vieux ? 

Elle va s'enquérir d'abord à sa mère qui lui explique que le mieux c'est de demander à son père ... 

La petite va retrouver son père devant un match de foot qui s'accompagne inévitablement de sa glacière fournie en BIÈRES !!! Son père n'est donc pas du tout disposé à répondre aux interrogations de la fillette. D'ailleurs ce père n'est jamais très présent pour répondre aux attentes de sa fille.


Heureusement Oncle Moe est là, et il a toujours du temps à consacrer a sa nièce. Moe est un personnage loufouque, assez attachant (très loin du Moe des Simpsons ^^), qui a beaucoup d'affection pour sa nièce même s'il lui arrive de lui apprendre des élucubrations. Son oncle lui promet de l'emmener visiter une brasserie mais voilà, l'oncle Moe s'est fait tomber une Sapporo sur le gros orteil !!!

La visite de la brasserie est donc remise à plus tard et la petite Gracie de rage s'en va se prendre sa première cuite !! Et elle va alors rencontrer la fée de la bière, oh pas les elfes du sucre parce que ça c'est un autre chapitre ....



C'est un très beau conte, qui se veut quelque peu cliché sur la famille américaine. Il y aurait énormément de petites phrases à citer, comme la définitions que se fait Gracie du Golf, mais je ne le vous direz pas, il faut le lire pour ça.... On apprends beaucoup de chose sur la conception de la bière ( c'est pas votre pédiatre qui vous le dira sauf s'il est irlandais ...). Et même si c'est quelque peu déluré, ce conte est malgré tout très tendre et n'est surtout pas là pour faire l'apologie de l'alcool. Parce que finalement boire une bière c'est pas seulement boire de l'alcool c'est savourer un bon moment....



Alors certes ce n'est pas le roman de l'année mais il rempli pleinement son contrat, comme une bonne bière finalement !!


            



Lecture d'un conte qui entre dans le cadre du JLNN :


CITRIQ

lundi 11 mars 2013

Les cinq rubans d'or- Jack Vance




Ce court roman a été écrit par Jack Vance en 1950 et a connu une première publication française en 1984 aux éditions Pocket, qui l’ont ensuite réédité en 1991 dans leur fameuse collection SF – Fantasy aux couvertures argentées … Cette fois, c’est ActuSF qui vient nous proposer une réédition et cela avec une nouvelle couverture. Celle-ci est vraiment sympa, ce côté comics me plaît énormément.

Pour libérer la Terre du joug de l’empire des Cinq Mondes, Paddy Blackthorn se retrouve à courir l’espace afin de découvrir le secret de l’ultrapropulsion spatiale. Ses seuls indices : quelques bribes de données codées sur cinq rubans d’or.
Heureusement, il pourra compter sur l’aide de l’énigmatique Fay car tout l’Empire est à ses trousses.
Et pour cause, Paddy a causé la mort de ses cinq plus grands princes...
Conteur inlassable, Jack Vance n’a cessé tout au long de sa carrière de nous emmener vers des galaxies et des planètes lointaines.
Parmi ses succès, on compte quelques monuments de la science fiction comme Le Cycle de Tschaï, La Geste des Princes-Démons ou encore La Terre mourante. Avec Les Cinq rubans d’or, il nous propose un space opera, picaresque et exotique comme lui seul sait les écrire.

Je le confesse, c’est la première fois que je lis du Jack Vance. Et puis étant fan de Thomas Geha, je me devais d’en lire. J’ai donc sauté sur l’occasion lorsqu’on m'a proposé ce roman.
Langtry, un Terrien, inventeur fortuit de l’ultrapropulsion, a divisé son savoir entre ces cinq fils, cinq fils qui ont élu domicile sur des planètes différentes. Chaque planète ayant des contraintes qui lui sont propres, les humains qui y résident ont muté de générations en générations et ne sont désormais plus que de lointains cousins des Terriens. Les cinq mondes dominent l’univers, ont la mainmise sur l’ultrapropulsion et décident chaque année quels quotas attribuer à telle planète ; notre belle planète Terre a quant à elle été rétrogradée au rang de sous-planète.
Paddy Blackthorn, un héros tel que je les aime, se fait arrêter dès le début du roman pour trois raisons : un, pour s’être introduit dans un bâtiment dont l'accès lui était interdit ; deux, et ce, afin d’y découvrir les secrets de l’ultrapropulsion ; et enfin trois, pour avoir fait exploser une partie dudit bâtiment, faute de connaissances en la matière, manquant par là-même faire exploser la ville entière !
Mais Paddy a de la repartie, de la gouaille et c’est bien ça qui le sauve presque de cette première mésaventure. Doué de talents linguistiques, il se fait nommer interprète au sommet annuel des fils des cinq mondes en guise de punition. Paddy va trouver le moyen de tuer les cinq fils d’un coup et de faire de lui la personne la plus recherchée des cinq mondes, car il a également réussi à se procurer les cinq rubans que chacun des fils portaient à leur poignet. Ces rubans censés révéler le secret de l’ultrapropulsion …
Je me suis donc régalée avec ce space opera : Paddy n’en loupe jamais une et loin d’être un héros accablé par le sort, il sait toujours sortir son épingle du jeu. Le roman est court, se lit très vite et j’ai été très agréablement surprise de constater à quel point Vance a su planter un monde riche et cohérent. Une lecture sans prise de tête et divertissante, mais qui n’en reste pas moins très intelligente …


     


Roman court rentrant dans le challenge JLNN



clic



Chronique précédemment paru chez Mythologica  

vendredi 8 mars 2013

Mémoires d'une aveugle - Anne Duguël




Pour ceux qui découvriraient ce nom d’auteur, sachez qu’Anne Duguël n’est autre que Gudule. Les éditions Rivière Blanche nous offrent un très riche aperçu des différentes nouvelles de l’auteure, depuis ses débuts jusqu’à des récits inédits.

"J'ai ouvert les yeux. Au-dessus de moi, le rayon de lune faisait scintiller la lame. Je ne l'ai pas sentie plonger dans ma gorge. Mais le grondement sourd d'Henri, en revanche, je l'ai perçu, malgré ses dents serrées.
— Tu ne seras jamais à un autre.
J'aurais voulu crier, me débattre ; je suis restée muette, poupée inerte entre ses bras."
Anne Duguël prend un plaisir sadique à martyriser ses personnages. Qu’il s’agisse de petites filles, de femmes ou de vieilles dames, nulle, si attachante soit elle, n’échappe au couperet. Et le sort des hommes n’est guère plus enviable : dès la première ligne, leur destin atroce est scellé. Bref, si vous avez l’âme sensible, n’ouvrez surtout pas ce livre!
L’auteure n’en est pas à son coup d’essai. Parmi les quelque trois cents ouvrages qu’elle a publiés, une bonne moitié dégouline de sang. Ce qui ne l’empêche pas d’écrire pour la jeunesse et même d’être étudiée dans les écoles. Décidément, il n’y a plus de moralité !
Ce recueil de 43 nouvelles donc plusieurs inédites est préfacé par Michel Pagel et accompagné d'un entretien réalisé par Marc Bailly.


J’ai pris un énorme plaisir à redécouvrir Anne Duguël. Redécouvrir, parce qu’à la lecture de ce recueil, des bribes de souvenirs me sont revenus. Et après quelques recherches, je me suis aperçue que j’avais lu son recueil Le chien qui rit paru chez Denoël en 1995, quand j’étais ado. Et il se trouve que ce recueil reprend quelques nouvelles de ce dernier.

Le recueil comporte 43 nouvelles, certaines abordent les mêmes thèmes, mais toutes sont très différentes les unes des autres. Je ne vais pas toutes les détailler, cela serait bien trop long et bien inutile. Comme chaque nouvelle aborde des thèmes différents, il est difficile de vous dire que celle-ci est meilleure que telle autre. Elles ont toutes leur petit quelque chose, on y sent la touche d'Anne Duguël, et chaque nouvelle donne l'occasion d'apprécier le traitement réservé à ses personnages et à ses textes. Certaines vous dérangeront peut-être tandis que d’autres vous raviront. Ce que j’en retire pour ma part, ce n’est pas un coup de cœur pour certaines nouvelles mais bien un coup de cœur pour ce recueil ! J’ai juste eu un coup de cœur nostalgique pour « Nos braves soldats au front ».

Chaque lecteur y trouvera donc largement de quoi se sustenter, l’écriture d’Anne Duguël se lit avec une avidité sans relâche. Quelle que soit la nouvelle, il est difficile de la lâcher sans l’avoir finie. Le recueil se conclut sur un entretien très complet avec l'auteure.

Rivière Blanche nous propose donc ici un excellent recueil qui plaira aussi bien aux fans qu’à ceux qui souhaiteraient découvrir cette raconteuse d’histoire, telle qu’elle se décrit elle-même.

(Mon petit bémol vient de la couverture qui n’est, pour moi, pas assez représentative du recueil. Il y avait pourtant 43 nouvelles pour donner de l’inspiration...)




         




    Lecture faisant partie du JLNN :

  


Chronique précédemment paru chez Mythologica 
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