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jeudi 20 mars 2014

33e Itération d'Yvan Bidiville



Lausanne, 2035. Dans une Suisse fasciste et islamophobe, les prothèses cérébrales sont omniprésentes. Elles apportent le savoir et symbolisent la réussite.
Léo Siegfried est un inspecteur en bout de course : son implant est dépassé depuis des années et seules les drogues lui permettent de suivre le rythme imposé par les jeunes recrues. Mais il connaît l'identité d'un tueur en série insaisissable, l'usurpateur, l'assassin des inventeurs de la prothèse IMProve, et il n'a plus qu'à le démasquer pour obtenir la mise à jour hardware dont il a désespérément besoin. Mais son esprit sera-t-il assez fort pour traverser la 33e ITERATION? 


Comme vous l'avez compris Léo Siefried, flic toxico est une sur enquête primordiale, il sait que s'il met la main sur l'usurpateur, il pourra enfin se sortir de ces addictions et donner une autre tournure à sa misérable vie. Son Binome, Camila Berney le soutient et fait preuve d'une indulgence et d'une grande compréhension vis à vis de Léo, elle a parfaitement conscience des problèmes que rencontre son collègue. Mais, ils se feront malheureusement retirer l’enquête. Cette enquête qui concerne les meurtres des pères créateurs des implants IMProve, où Léo est persuadé de tenir une piste sérieuse, à cette investigation se rajoute deux enquêteurs privés diligenté par Grown Assurances qui eux disposent d'autres méthodes ...

J'ai lu 33è itération dans le cadre du Prix Une Autre Terre. La question que je me suis posée après cette lecture est : est-ce que je l'aurais lu s'il ne faisait pas partie de la sélection ? Et la réponse est claire et directe : NON. Non parce qu'il appartient plus au cyberpunk pas dans l'excès non plus ça reste très accessible, disons que pour moi le cyberpunk c'est souvent indigeste, mais heureusement ici ça reste light. Je ne peux que me le reprocher donc. 

Après il faut reconnaître que le livre se lit bien, très bien même. Mais voilà je n'ai pas franchement adhéré au cliché du flic aux prises avec l'alcool et la drogue, oui parce que Léo Siegfried est doté d'un implant expérimental et de première génération dit les prématurés, et qui vraisemblablement cause certains soucis aux détenteurs, et qui n'ont d'autre choix  que de se droguer afin augmenter les performances de leur implants mais ce n'est évidemment pas sans conséquence. 

Alors sans vouloir faire du plagia de chronique, je rejoins parfaitement l'avis de Gromovar. Les clichés du flic à bout, soutenu pas sa collègue envers et contre tous, à la limite ça passe, ça me pose presque pas de problème, malgré tout Léo reste intéressant, et sa collègue tient tout de même un rôle dans l'intrigue. Mais le background qui somme toute est très intéressant et qui aurait pu vraiment enrichir le roman, lui donnait une densité, ne sert ici presque que d'ambiance, d'arrière plan et là franchement c'est dommage, oui dommage parce qu'il y avait vraiment matière à exploiter, et l'auteur avait pourtant les cartes en main. Après, le roman dispose tout de même de vrais bonnes idées, comme le mode opératoire des enquêteurs à la solde de la compagnie d'assurance et qui en fait est toute l'essence du bouquin. Bref C'est loin d'être un mauvais premier roman, je surveillerais tout de même les prochaines publications d'Yvan Bidiville, le background m'ayant beaucoup plu, plus que l'enquête en elle même, j'attends l'auteur sur un prochain roman qui saura exploiter cette dystopie Helvétique qui s'annonçait fort intéressante.



                            




jeudi 20 février 2014

Alone L'intégrale de Thomas Geha


« Les Alones évitent les Rassemblés, rongés par le fanatisme, parce qu’ils sont trop... nombreux. C’est que, même balèze, un Alone a du mal à affronter une vingtaine de fous furieux. »

Pépé est un Alone, un solitaire qui trace sa route dans une France dévastée. Son créneau : la survie. Son credo : le mouvement. Armé de ses couteaux, il va affronter tous les dangers pour retrouver un fantôme de son passé : Grise. Mais suffit-il de survivre ? Car un vent de renouveau souffle sur les débris de l’ancien monde, porteur de dangers autant que d’espoir.

Ce Volume réunit pour la premier fois « A comme Alone » et « Alone contre Alone » dans une version largement révisée par l'auteur et augmentée de deux nouvelles dans le même univers.
Des récits post-apocalyptique enlevés, bel hommage à Julia Verlanger et son roman « L'Autoroute Sauvage ».


La lecture de cette intégrale ne fut pour moi pas une découverte. J'avais déjà lu « A comme Alone » et « Alone contre Alone », ouvrages précédemment parus chez les éditions Rivière Blanche. Et c'est donc avec un immense plaisir que j'ai relu les aventures de Pépé dans cette Intégrale qui pour ne rien gâcher c'est doté d'une superbe couverture signée François Baranger.

Et sinon ça cause de quoi ? Et bien de Pépé, et Pépé c'est un Alone ! Et un Alone c'est un individu qui assume sa survie seul, parce que les rassemblés c'est rarement bon, c'est juste une bande de moutons bien docile qui obéit bien servilement à un boss, et souvent le boss, il est pas bien clean, il abuse grave de son pouvoir ! Alors très peu pour Pépé, lui c'est un Alone jusqu'au bout des ongles, les rasses très peu pour lui, les pires étant les Fanams et les Fanars. Comme je suis sympa je vous explique, Les fanams sont FANatiques Militaires, des gros bills sans cervelle qui dirigent des communautés de moutons en les asservissant par la peur et la force. Ben les Fanars c'est pareil, c'est également des FANatiques mais Religieux peut être un peu moins crétins, la menace, elle, est souvent divine. Enfin divine, hein, on s'entend … L'apparition la plus saugrenue est souvent de mise, allant de l'apparition de la vierge immaculée à l'apparition du visage de la vierge dans un oncle incarné, tout est possible avec eux, le domaine est inépuisable ^^
La Plupart des Alones sont épris de morale et de justice. Mais ce qu'ils oublient, c'est que la justine et la morale appartiennent à ceux qui les exercent. Pour le Religion, c'est pareil, elle appartient à ceux qui l'entretiennent, c'est à dire ceux qui la définissent. Va annoncer à mes fidèles que leur Vierge n'existe pas : ils te lapideront.
Le salaud marqué un point. Putain de Justice. Putain de morale. Dans un monde où règnent la sauvagerie et le Big bordel, ces deux mots étaient caducs, Dents-Pourries avait raison. Chaque être humain défend sa couenne au mieux . Mais moi, je ne voulait pas survivre en profitant des autres, en retournant ma veste lorsque ça promettait de prolonger ma misérable existence.
Putain de morale.
Putain de justice.
Putain de pilori.
Oh puis j'oubliais, le monde lui est dévasté, la connerie de l'homme comme toujours, à vouloir tout toujours tout clean et bien l'Homme a même réussi à se nettoyer, à cause de nanorobots invisibles. Venez rentrer dans l'aventure de Pépé, le must du must des Alones !!

Pure hommage à Julia Verlanger. Thomas Geha a fait le pari de nous offrir un roman hommage à L'Autoroute sauvage. Et il en ressort un livre certes post-apocalyptique mais avant tout un roman d'aventure ultra divertissant. L'environnement post-apocalyptique reste cohérent malgré cette aventure pleine de rebondissements, Thomas Geha convainc sur tous les plans. Les pages se tournent avec facilité et on arrive à la fin en se disant, non on veut encore des aventures de Pépé. Allez Thomas, tu nous ferais bien un dernier épisode pour la route !
Voilà c'est dit !! j'ai passé une excellent Re-lecture, et bien que connaissant déjà les ouvrages je ne me suis absolument pas ennuyée. De plus l'intégrale nous offre deux nouvelles dont une inédite. La première, subtilement placé entre les deux romans est  « l'ère de Tambalacoque » qui est difficile à résumer tant je tiens à préserver la suite de l'intégrale, « Alone contre Alone », mais pour faire le plus court possible, elle nous conte l'autre Alone. L'autre nouvelle « Le silence est d'or » conclue l’intégrale,  idéalement placée elle est pourtant plus une préquelle aux aventures de Pépé.
Et même si cette intégrale se veut divertissante, on apprécie la plume travaillée de l'auteur ainsi que le background qui subtilement induit des questions sur le comportement de l'Homme face à une catastrophe mais aussi et surtout l'autre, l'étranger celui qu'on ne connait pas ... 


Dans le temps, celui des civilisés, on aurait peut-être passé ce type à tabac en raison de sa peau noire. Les gens, alors, avaient peur des autres races. A présent, belle évolution, on était toujours prêt à lui en balancer sur la gueule, pas parce qu'il était black, mais parce que tout le monde a la trouille de tout le monde, et que la trouille n'est pas l'allié du discernement et de l’intelligence. La couleur de peau , maintenant, la France entière s'en pelote les miches, mais la peur, cette sacrée peur de l'autre, celle-là n'est pas prête à foutre le camp. Elle mute, elle aussi, d'époque en époque. Elle vit chez l'homme comme un parasite. 


   


Pour les curieux le trajet de Pépé et Cie dans les rues de Rennes !




En Partenariat avec Book en Stock pour « le Mois de »



lundi 17 février 2014

« Le mois de » Thomas Geha


Voilà, je suis en retard pour vous avertir que je suis l'heureuse élue du partenariat Book en Stock consacré à Thomas Geha.

Ce « mois de » est le second auquel se prête Thomas Geha et encore une fois je serais présente et lui poserait toutes les questions qui me passent par la tête !!

Pour nous rejoindre dans cette merveilleuse aventure, il n'est pas encore trop tard je vous invite donc à cliquer sur le lien suivant.  







Pour ma part, j'ai lu l'intégrale Alone qui doit sortir le 20 Février 2014 et je vous donne donc rendez vous très prochainement pour sa chronique !!



En attendant vous pouvez retrouvez ma chronique de « Sous l'ombre des étoiles » et de sa nouvelle parue dans l'anthologie Imajn'ère « Ciel bleu d'un hiver à jamais »

samedi 21 décembre 2013

Les Damnés de L'asphalte - Laurent Whale



Quinze ans ont passé depuis l’invasion venue du Nord, mais le monde ne s’est pas amélioré, bien au contraire… La misère et la famine règnent sur un pays ravagé. Villes fantômes, bandes organisées, soldats de fortune et sectes d’illuminés en tout genre se partagent la route du Sud. Il faudrait être fou pour l’emprunter. Fou… ou déterminé. 

Lorsque son frère est porté disparu, Miki, le jeune mécano, se met en tête de rallier la péninsule ibérique. À ses côtés, Toni, le pilote, et Cheyenne, le hors-murs, reprennent du service ! 

Commence pour eux un périple à travers un pays en proie aux flammes et au chaos. Et, alors que les survivants se disputent les miettes de la civilisation, une menace resurgit des abysses du monde d’avant. Un cauchemar sans nom qui pourrait bien barrer la route aux damnés de l’asphalte…



À la sortie des « Damnés de L'asphalte » il me paraissait évident de me le procurer et de la plus noble des manières en rencontrant l'auteur. Parce que oui, Laurent Whale fait partie de ces auteurs où j'ai mis en place une veille automatique. Un Laurent Whale sort un Laurent Whale tu auras … Donc intitule de préciser que j'avais lu et aimé « Les étoiles s'en balancent ». 

Les Damnés est développé dans le même univers que les étoiles s'en balancent, d'ailleurs l'intrigue se déroule 15 ans après et le personnage principal, par contre, n'est plus le même, on y retrouvent pas mal de protagonistes de l'ouvrage précédent, mais c'est tout. C'est tout, dans le sens où, oui les Damnés de l’Asphalte est une suite mais peut parfaitement se lire indépendamment ou même dans le désordres soyons fou !

Miki, le personnage principale, qu'on a connu pour ceux l'ayant lu dans « les étoiles » monte un groupe d'expédition afin de retrouver ses frères, Erwan et Tom, disparus deux ans auparavant lors d'un vol d'exploration vers L’Espagne. Ce groupe est composé de Toni et Cheyenne qu'une fois encore on a pu rencontrer dans l'ouvrage précédent ainsi que Vincent le fils de Tom accompagné de sa douce, Marjorie. Cette expédition sera, comme il se doit dans un post-apo digne de ce nom, semée d’embûches. Miki est devenu par défaut le chef et se retrouve souvent confronté à des prises de décision difficile sur un terrain hostile et souvent inhospitalier. Le groupe se retrouve à traverser l'Espagne, aucun des membres du groupe ne maîtrisent d'ailleurs la langue locale ce qui va vite se révéler comme un handicap. Allant de déboire en surprise, l'auteur, cette fois nous fait traverser un nouveau territoire à travers les yeux de Miki, et cela se révèle très convainquant. La plume est fluide et efficace, avec toujours des thèmes que l'écrivain affectionne et qu'il est tout aussi bon de retrouver, cette amitié quasi fraternelle et l'amour bien sur, juste ce qu'il faut sans tomber dans la romance dégoulinante. 

Encore une fois Laurent Whale nous offre un post-apo itinérant digne d'un Julia Verlanger, d'ailleurs son roman était en lice pour le prix éponyme.


              


Retrouver la chronique du livre défi de Lune : ICI




lundi 11 novembre 2013

War-zu ar stered* : entretien avec Thomas Geha



Cornwall : Pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas, pourrais-tu te présenter, succinctement (ou pas) ?

Thomas Geha : Succintement, Thomas Geha, 37 ans, je vis à Rennes. Je publie des romans depuis 2005, des nouvelles depuis plus longtemps encore. Je suis également libraire spécialisé SF à Rennes (librairie Critic) et éditeur (éditions Ad Astra + travaux divers pour les éditions Critic).

C : Il y a deux ans paraissait « La guerre des Chiffonneurs ». En page de garde on découvrait alors Tome 1 : Planètes Pirates. Ici la page de garde indique Tome 0 : Planètes Pirates. « Sous l'ombre des étoiles » était-il déjà en projet durant l'écriture du tome 1 ?

T.G : Non. Quand j’ai fini La Guerre des Chiffonneurs, je me suis dit que j’allais attaquer aussitôt le tome 2, qui doit s’intituler « Ta gueule, l’univers ! », avec Alsha, la prostituée, comme personnage principal. Sauf que j’ai manqué de motivation, ou de je ne sais quoi au juste, et que je me suis mis à écrire tout autre chose, dans le même univers. Ce tout autre chose, c’est bien entendu Sous l’ombre des étoiles. Après La Guerre des Chiffonneurs, roman 100% action, je me suis rendu compte que j’avais envie de me lancer dans un récit un peu plus calme, avec une ambiance qui serait à l’opposée de La Guerre des Chiffonneurs. Comme on était en plein dans la polémique sur les Roms, les gens du voyage, ça a fait « tilt » dans mon esprit et j’ai imaginé un planet-opera, pour mon cycle Planètes Pirates, qui abordait cette thématique sous un angle particulier : « et si les humains, sans distinction, devenaient les Roms d’une planète qui n’est pas la leur ? ». Comme je ne voulais pas tomber dans le pessimisme bas de gamme, j’ai orienté mon propos et mon idée pour que les communautés que je décris dans le roman soient positives. Et que le dessein global du roman, la rencontre de différentes espèces et leur cœxistence, devienne un enjeu fort, autour de mon personnage principal, un naufragé.


C. : Combien de tomes va représenter « Planètes Pirates » ? Et saurais-tu déjà à peu près sur qui, sur quoi ils seront orientés ?

T.G. : J’ai environ quatre autres tomes en tête. Deux préquelles à Sous l’ombre des étoiles, et deux suites à La Guerre des Chiffonneurs. À ce titre, Sous l’ombre des étoiles, est le récit charnière du cycle. Les deux préquelles traiteront de la chute de la Fédération. Les deux autres séquelles traiteront des conséquences et de la construction d’un nouvel « ordre intergalactique » jusqu’à la conclusion qui met en scène l’arrivée des Tiges dans le nœud du problème.

C. : A l'heure actuelle, « Ta gueule, l’univers ! », toujours en projet d'écriture ? 


T.G. : Toujours en projet. Pour le coup, ce sera effectivement la suite directe de La Guerre des Chiffonneurs, une petite récréation comme l'était le précédent. Pas de prise de tête, de l'aventure, et encore de l'aventure avec, cette fois-ci, Alsha (la prostituée) dans le rôle principal. Le pitch tient sur une feuille OCB : Marcus a disparu, et Alsha part à sa recherche.


C. : Le tome 0 et le tome 1 peuvent se lire indépendamment, est-ce que cela restera toujours le cas pour les autres tomes ?

T.G. : Oui. Le dessein global dessine un ordre précis. En revanche, chaque volume pourra se lire indépendamment. Je n’aime pas les séries qui s’éternisent et obligent le lecteur à acheter le suivant pour raison de cliffhangers articficiels. Je laisse libre le lecteur de choisir le récit du cycle qui lui convient. D’autant que les tonalités vont être très différentes entre chaque roman.


C. : A la lecture de « Sous l'ombre des étoiles », le coté reptilien resurgit par les salamandres, ce qui m'a immanquablement fait penser au Sabre de Sang. Finalement, je me demandais si le monde du Sabre de Sang pouvait rejoindre celui de Planètes pirates, cela resterait cohérent. L'as tu envisagé toi aussi ?

T.G. : C’est une conversation que j’ai eu avec l’auteur jeunesse Danielle Martinigol. On en a pas mal rigolé, et on a même trouvé la solution pour faire se rejoindre mes deux univers. Sauf qu’en fait, je ne le ferai pas. Je n’y vois pas l’intérêt, et je trouverais ça artificiel. Je n’avais pas aimé, déjà, ce côté artificiel chez Asimov, qui avait fini par rattacher tous ses cycles. Je comprends l’idée d’un univers global, et la jouissance que cela peut éventuellement provoquer quand on regarde le tableau dans son intégralité. Mais j’ai encore du temps (j’espère) pour écrire autant de récits que je veux dans mes univers respectifs. Et puis j’ai tendance à aimer varier mes univers. Ce n’est pas pour les faire se rejoindre, du coup, mais pour m’éloigner de certains quand j’en ressens le besoin.


C. : J'ai également lu ta nouvelle « Les tiges » paru dans le destination Univers aux Éditions Griffe d'encre. Cette nouvelle fait également partie de l'univers « Planètes Pirates ». Sans surprise, j'ai beaucoup aimé cette nouvelle qui a été récemment primée par le prix Rosny-Ainé. Retrouvera-t-on les hommes-tiges dans un roman ?

T.G. : Oui. Antoine Cinerna (personnage qui est une création de mon pote Sébastien Martin. Rendons à César…) sera le fil rouge. Il devrait réapparaître dans d’autres récits. Tout comme les Tiges et leurs ennemis, les Ailaidarlis. Mais pour décrire cette guerre entre les Tiges et les Ailaidarlis, je préfère m’orienter vers la nouvelle, pour rassembler ensuite le tout en un fix-up. Je pense que cette façon de faire aura plus d’impact en terme de contenu, qu’un roman.

C. : Outre « Planètes Pirates », je sais que tu as d'autres projets en cours, notamment celui-ci « [ré]visions apocalyptiques », une première nouvelle « Ciel bleu d'un hier à jamais »  a paru dans l'anthologie « Rispote Apo » d'ImaJn'ère, ce fut un énorme coup de cœur pour moi. Aurais-tu des révélations à nous faire quant au devenir de ce projet, pour lequel je trépigne d'impatience ?

T.G. : Aucune révélation. J’ai un éditeur intéressé (une grande collection SF, si ce n’est la plus prestigieuse de toutes actuellement), mais je manque de temps pour écrire. J’ai de nombreux fragments d’écrits, mais je ne sais pas encore ce que je garderai ou jetterai. Bref, ça avance très très lentement  je suis extrêmement pointilleux sur ce projet, et je ne crois pas avoir fini avant 2 ans.

C. : A comme Alone et Alone contre Alone vont reparaître dans une version intégrale aux Éditions Critic, j'imagine que tu les a remaniés ? Quel travail cela a t-il représenté pour toi ? Pour moi qui les ai lu aux Éditions Rivière Blanche, que vais-je y trouver en plus ?



T.G. : C’est un travail sur lequel je suis actuellement, donc j’ai encore une vision précaire de ce qu’on pourra y retrouver en bonus. Néanmoins, ce qui est sûr, c’est que le premier tome a subi un brossage stylistique nécessaire, et j’ai ajouté deux ou trois scènes pour équilibrer le récit un peu mieux. Le deuxième volet devrait subir moins de modifications. Dans l’intégrale, on pourra également lire deux nouvelles : L’Ere du Tambalacoque (disponible dans Les Trésors de la Rivière Blanche) et une inédite.


C. : Je crois que tu as d'autres futurs publications, comme un thriller jeunesse peux-tu nous en parler un peu plus ?

T.G. : Je ne vais pas trop m'épancher sur la question, parce que le travail est toujours en cours et qu'il n'est pas encore annoncé par l'éditeur, Rageot. Mais le titre est "Cent Visages", c'est un thriller pour ados. Avec un background légèrement dystopique. ! 


C. : Comme l'a fait précédemment Ophélie Bruneau, je te demanderais de me choisir, ma prochaine lecture (s'entend dans les deux mois à venir ^^) dans ma Pile à lire : ICI (soit pas vache j'ai déjà la soupe aux choux à lire ...) :

T.G. : Et sinon, comme livre, je te choisis... Dominium Mundi de François Baranger ;)





*Vers les étoiles

mercredi 6 novembre 2013

Sous l'ombre des étoiles - Thomas Geha



La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.
À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d'élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.Resté deux siècles en hibernation, il s'y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s'allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.
Dans le clan qui l'adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu'il déteste aussitôt. Difficile pour lui d'oublier ses années de guerre, celles qui l'ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l'Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer...
Kee le sait parfaitement, aucun retour en arrière n’est possible : il devra s’adapter à son nouveau monde, sous l’ombre des étoiles…


Thomas Geha nous offre ici le Tome zéro de son univers planète Pirate. Un monde assez vaste que l'auteur exploite de plus en plus et qui est toujours plaisant de retrouver. Le premier tome de planète Pirate a paru en 2011 sous le titre de «  La Guerre des Chiffonneurs » aux éditions Rivières blanche. Un roman qui s'était révélé extrêmement plaisant, divertissant. Simple ( mais pas simpliste) d'une lecture fluide avec une immersion immédiate. Par la suite on a pu découvrir sa nouvelle dans le même univers « Les tiges » paru aux éditions Griffe d'encre récemment primée par le prix Rosny-Ainé.
Dans ce tome Zéro, Thomas Geha nous offre les mêmes ingrédients, cela se révèle toujours aussi divertissant et efficace bien qu'il faille souligner que sa plume s’aiguise à chaque nouvelle publication et que ce tome s'axe moins dans l'action et s'oriente plus dans l'introspection du personnage principal...
Dans ce tome nous decouvrons Kee, qui a réussi à s'extraire du templier, vaisseau alors aux prises avec l'ennemi  « Les salamandres », par le biais d'une capsule de cryogénisation. Il est réveillé et accueilli, près de deux siècles plus tard, sur la Planète Seinbeck par une communauté nomade opprimée par les autochtones. Malheureusement cette tribu a dans ses membres un salamandre. Kee va alors devoir composer avec son aversion viscérale pour cette race...

Bien que l'évolution des relations du Salamandre Sirval avec Kee soient quelque peu prévisible, Thomas Geha a su construire un texte intelligent qui saura toucher les lecteurs et qui malheureusement ne manquera pas de nous rappeler notre quotidien. De plus je trouve que prendre un tel plaisir de lecture alors que l'issue, l'évolution des personnages sont entendues montre à quel point la plume de Thomas Geha s'avère efficace.  Et c'est avec Subtilité que les thèmes de l’immigration, l'intégration, l'acceptation de la différence sont abordés avec le regard de kee, qui va devoir grandir, évoluer dans un environnement qui n'a plus rien à voir avec la planète où il a grandi, et où « l'ennemi » n'est plus le même. Tout cela nous est servi dans un univers que l'on sent vaste et qui demande à n'être qu'une fois encore exploré par l'auteur tant la richesse rien que d'une planète est exaltante.


Avec ce nouveau roman Thomas Geha ne démérite pas son prix récemment accordé pour sa Nouvelle « les Tiges » qui s'inscrit dans la continuité de celle-ci. On ne demande qu'à découvrir la suite ...



    
ma note : 




1ère participation 

Les chroniques de:  dévoreur de livre, Lune et de Lorhkan 


jeudi 28 mars 2013

Paris Zombies - Philippe Morin





C'est quasiment depuis l'annonce de sa parution par les Éditions Rivière Blanche que je lorgne sur Paris Zombies, j'ai profité du passage de Philippe Ward au festival « rue de Livre » de Rennes pour lui demander de me ramener un exemplaire. 

"Dans le noir, il s’est cogné le genou contre une voiture. Ensuite, il a commencé à se déplacer en s’aidant de ses mains pour se guider et pour éviter de percuter un autre véhicule ou un mur. Il devait se trouver au centre du parking quand subitement il a perçu une respiration rauque, à peut-être une vingtaine de mètres de lui."

Un mal étrange transforme les habitants de la capitale en désaxés ultra-violents. Quelle est l'origine de cette abominable épidémie qui pousse les Parisiens à dévorer leurs semblables et à fracturer les tombes des cimetières afin de se repaître des restes des disparus ? Partout, les déments et les morts revenus à la vie traquent les rescapés : de la plus belle avenue du monde au boulevard périphérique, du sommet des immeubles haussmanniens aux sous-sols du métro. Un linceul rouge sang semble recouvrir la Ville lumière.


Chaque chapitre constitue une brève voir une nouvelle, et chaque chapitre va suivre des protagonistes différents qu'on ne retrouvera pas (forcement …) 
Alors pourquoi Paris, personnellement ne connaissant que peu la Capitale je n'ai certainement pas eu le même plaisir de lecture qu'une personne qui elle va se retrouver parfaitement dans les lieux. Après il y a certains lieux mythiques mentionnés qui sont tout de même difficile de ne pas connaître. Au fur et à mesure de ma lecture j'ai compris « pourquoi Paris ? » D'une, parce que ça reste une la ville qui parlera probablement au plus grand nombre mais surtout, de ce que j'en pense, Paris offre énormément de contraintes et on se rend compte qu'en cas de menaces Zombies ( il faut prendre ça très au sérieux !) ce sera très vite ingérable sur la Capitale. 

Le livre compte deux type de zombies, les infectés et les revenants ceux que les infectés sont allés se repaître dans les cimetières et qui sont revenus à la vie. Ils se différencient assez nettement, d'une les morts sont dans un état de délabrement qui ne leur permettent pas de se déplacer très rapidement et de plus ils sont souvent très bien apprêter, les infectés eux sont beaucoup plus vifs car moins décomposés. On note aussi dans le roman que les animaux peuvent également être infectés et donc constituent autant une menace que les zombies humains (pour ce qu'ils restent d'humain). D'ailleurs, le 1er chapitre 54 dents nous parlent de la transformation des chiens en infectés. 

Malgré la brièveté des chapitres, l'auteur a su à chaque fois donner une profondeur à ses personnages, une vie, la vie de monsieur et madame tout le monde. Et finalement c'est bien ça qui m'a plu, cette proximité avec les personnages qui subissent cette invasion Zombie, ne la comprennent pas, essayent de s'en sortir avec le peu d'informations qu'ils détiennent mais voilà ils sont comme vous et moi ce ne sont ni des super héros ni des pros de la gâchette (ni de la machette). 

Bref chacun cherche surtout à s'échapper qu'à lutter contre cette menace Zombie. L'auteur nous peint donc plusieurs portraits allant de la famille standard à ceux qui exploitent sans complexe cette situation de crise. Le seul fil rouge du roman est la survie face aux zombies, on n'apprend pas grand chose sur l'arrivée du virus et finalement chaque nouvelle vient juste apporter la description d'une situation. D'ailleurs Philippe Morin fait ça très bien, autant la description des lieux que la physionomie des zombies qui est amplement réussis. Ça saigne, ça suinte, ça déchire, ça se décompose et ça empeste ! 

Une lecture qui certes ne révolutionne pas le genre mais qui a su amplement me plaire autant par sa qualité d'écriture que par le soin apporté dans les descriptions. A dévorer donc !



clic


vendredi 8 mars 2013

Mémoires d'une aveugle - Anne Duguël




Pour ceux qui découvriraient ce nom d’auteur, sachez qu’Anne Duguël n’est autre que Gudule. Les éditions Rivière Blanche nous offrent un très riche aperçu des différentes nouvelles de l’auteure, depuis ses débuts jusqu’à des récits inédits.

"J'ai ouvert les yeux. Au-dessus de moi, le rayon de lune faisait scintiller la lame. Je ne l'ai pas sentie plonger dans ma gorge. Mais le grondement sourd d'Henri, en revanche, je l'ai perçu, malgré ses dents serrées.
— Tu ne seras jamais à un autre.
J'aurais voulu crier, me débattre ; je suis restée muette, poupée inerte entre ses bras."
Anne Duguël prend un plaisir sadique à martyriser ses personnages. Qu’il s’agisse de petites filles, de femmes ou de vieilles dames, nulle, si attachante soit elle, n’échappe au couperet. Et le sort des hommes n’est guère plus enviable : dès la première ligne, leur destin atroce est scellé. Bref, si vous avez l’âme sensible, n’ouvrez surtout pas ce livre!
L’auteure n’en est pas à son coup d’essai. Parmi les quelque trois cents ouvrages qu’elle a publiés, une bonne moitié dégouline de sang. Ce qui ne l’empêche pas d’écrire pour la jeunesse et même d’être étudiée dans les écoles. Décidément, il n’y a plus de moralité !
Ce recueil de 43 nouvelles donc plusieurs inédites est préfacé par Michel Pagel et accompagné d'un entretien réalisé par Marc Bailly.


J’ai pris un énorme plaisir à redécouvrir Anne Duguël. Redécouvrir, parce qu’à la lecture de ce recueil, des bribes de souvenirs me sont revenus. Et après quelques recherches, je me suis aperçue que j’avais lu son recueil Le chien qui rit paru chez Denoël en 1995, quand j’étais ado. Et il se trouve que ce recueil reprend quelques nouvelles de ce dernier.

Le recueil comporte 43 nouvelles, certaines abordent les mêmes thèmes, mais toutes sont très différentes les unes des autres. Je ne vais pas toutes les détailler, cela serait bien trop long et bien inutile. Comme chaque nouvelle aborde des thèmes différents, il est difficile de vous dire que celle-ci est meilleure que telle autre. Elles ont toutes leur petit quelque chose, on y sent la touche d'Anne Duguël, et chaque nouvelle donne l'occasion d'apprécier le traitement réservé à ses personnages et à ses textes. Certaines vous dérangeront peut-être tandis que d’autres vous raviront. Ce que j’en retire pour ma part, ce n’est pas un coup de cœur pour certaines nouvelles mais bien un coup de cœur pour ce recueil ! J’ai juste eu un coup de cœur nostalgique pour « Nos braves soldats au front ».

Chaque lecteur y trouvera donc largement de quoi se sustenter, l’écriture d’Anne Duguël se lit avec une avidité sans relâche. Quelle que soit la nouvelle, il est difficile de la lâcher sans l’avoir finie. Le recueil se conclut sur un entretien très complet avec l'auteure.

Rivière Blanche nous propose donc ici un excellent recueil qui plaira aussi bien aux fans qu’à ceux qui souhaiteraient découvrir cette raconteuse d’histoire, telle qu’elle se décrit elle-même.

(Mon petit bémol vient de la couverture qui n’est, pour moi, pas assez représentative du recueil. Il y avait pourtant 43 nouvelles pour donner de l’inspiration...)




         




    Lecture faisant partie du JLNN :

  


Chronique précédemment paru chez Mythologica 

lundi 25 février 2013

Le Masque du Mal - Patricia Lizarte





Les éditions Rivière Blanche nous offrent ici le premier roman de Patricia Lizarte. Je n’ai malheureusement trouvé aucune information supplémentaire sur l’auteur. Mais après ce roman, j’espère et je ne doute pas qu’on entendra parler d’elle.

16 octobre 2071… dans un mois, j’ai cent ans. 
J’écris avec mes yeux...
Comment est-ce possible ? Prouesse technique ou talent personnel, je ne sais plus, mes pensées se mélangent, mais au fond, je m’en moque, c’EST… et c’est le plus important ! 
Clouée sur son lit de torture, Hélène se bat contre la vie, contre elle-même et doit affronter le Mal qui l’obsède, qui la poursuit. Le combat va être sans pitié. Heureusement elle va obtenir l’aide d’une voix intérieure. Mais la vie est sans merci et le Mal rôde toujours prêt à s’engouffrer dans la première brèche que lui ouvrira Hélène.
Dans Le Masque du Mal, son premier roman, Patricia Lizarte nous offre une plongée dans l’esprit humain. Entre folie et espoir, la lutte est engagée contre le Mal.


Il m’est difficile de chroniquer ce livre, mais n'écrire qu'une ligne pour vous dire que c’est un très bon premier roman, c’est un peu court …
Ce livre m’a profondément mis mal à l’aise, mais c’est une approche très personnelle. Je me suis sentie très proche des affres du personnage, qui comble de l’ironie, porte le même prénom que moi. J’ai eu cette impression tenace qu’on m’avait sondée à mon insu et qu’une part de moi avait été publiée.
Le roman raconte sous forme de monologue la vie et le combat d’Hélène contre le mal intérieur qui la gangrène. Suite à un amour déçu, elle tente de se suicider et c’est à partir de là que l’on suit le personnage, son combat contre la vie, son combat pour la vie. Tiraillée par ses voies intérieures qui la poussent sur des routes différentes, on suit sa lutte perpétuelle contre cette torture mentale.
Le livre est brillamment écrit et les descriptions sont parfaitement imagées : on plonge très facilement dans ces verbiages qui sont l’âme du roman, ils ne dérangent en rien et nous font parfaitement partager les exaltations du personnage.
Un roman très singulier qui a su pleinement me satisfaire, bien qu’il m’ait aussi personnellement dérangée.


   



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Chronique précédemment paru chez Mythologica 


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