Affichage des articles dont le libellé est interview. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est interview. Afficher tous les articles

mardi 25 août 2015

Interview de Jean-Sébastien Guillermou ( Les pirates de L'Escroc-Griffe)





Cornwall : Bonjour, Jean-Sébastien, et merci de m’accorder un peu de temps durant cette période estivale pour répondre à mes quelques questions.

On va commencer simple. Rapidement ( ou pas ) pourrais-tu te présenter ?

Jean-Sébastien G : Bonjour Cornwall,
Merci pour cette invitation, une pause pendant des corrections éditoriales est toujours bienvenue* ! Je suis un geek de 38 ans qui a enseigné l’Histoire avant de me consacrer à plein temps à l’écriture. Je suis passionné par l’archéologie, la physique quantique, l’Imaginaire, le Japon, la vie extra-terrestre, les jeux de rôle, le bouddhisme… J’ai eu la chance de beaucoup voyager et j’ai un chat persan blanc qui déteste l’informatique.

*Jean-Sébastien travaille actuellement sur le tome 3 des Pirates de L’Escroc-Griffe.

Cornwall : Quelle est la genèse des Pirates de l’Escroc-Griffe ?

Jean-Sébastien G :  C’est un projet de longue haleine, principalement parce c’est un premier roman et qu’il s’agit d’une épopée. J’ai commencé à écrire les premières lignes en 2003 et par la suite, j’ai été contraint de découper mon histoire en trois tomes car l’intrigue se déroule sur plusieurs années. La construction de l’univers m’a pris énormément de temps, en fait j’adore les jeux vidéos, et ce que j’apprécie dans un MMORPG ou des chefs d’oeuvre tels que Final Fantasy VII et Baldur’s Gate, ce sont les mondes gigantesques, avec des histoires qui peuvent s’étaler sur des millénaires. Du coup, la genèse des Pirates de L’Escroc-Griffe a été très longue, je voulais absolument que le lecteur découvre un univers immense.

Cornwall : En lisant le premier tome de ton roman, on ne peut que constater de multiples influences, qui sonnent d’ailleurs plus comme des hommages. Peux-tu nous en dire plus là-dessus ?

Jean-Sébastien G : Je suis un enfant des années 80, donc effectivement mes influences sont multiples. La littérature d’abord, avec L’île au trésor de Robert Louis Stevenson qui, pour moi, est un roman indépassable. Les auteurs de Fantasy m’ont bien sûr inspiré, que ce soit J.R.R. Tolkien ou
Michael Moorcock. De la même façon, à l’adolescence le jeu de rôle m’a appris à créer des univers et des scénarios. Avec mes amis nous jouions à Advanced Dungeons and Dragons (Dark Sun, Dragon Lance), Star Wars, Warhammer 40.000... Pour la petite histoire, ma trilogie est en partie inspirée d’un jeu de rôle que j’ai créé à l’âge de 15 ans, les Huit Lances de Diamant. Enfin, les mangas, les jeux vidéos et le cinéma ont également eu un impact profond sur mon imaginaire. Trois films m’ont marqué : Pirates, de Roman Polanski, Les Aventures du baron de Münchhausen de Terry Guiliam et Enemy de Wolfgang Petersen. Je crois que les antihéros me fascinent.


dimanche 10 août 2014

Spores ! de Olivier Saraja suivi de l'interview de l'auteur


Auto-édition
Date de publication : Juin 2014
Prix : 0.99 € 
± 37 pages

Des fois il faut accepter de prendre des risques, même en tant que lecteur. Et si le Tag auto-édition existe sur le blog c'est que j'ai déjà été m'aventurer vers ce type d'ouvrage qui a tendance à faire peur « l'auto-édition ». Si vous demandez lesquels rendez-vous ici et là. Je vous inforrme - histoire de rassurer un brin - que cette nouvelle de Olivier Saraja a été décortiqué (selon ces termes) par les grenouilles de Cocyclics.
La civilisation s'est effondrée. Pieter et sa fille Enora tentent de survivre dans un monde envahi par une espèce de mousse très invasive, dont les spores représentent un danger mortel. L'irruption d'une femme dans leur vie bouleversera leur quotidien. Vers quel avenir les entraînera-t-elle?Entre drame humain et fable écologiste, Spores! amène le lecteur dans un monde silencieux et oppressant, sis aux limites de la folie humaine. Pour public averti.

La nouvelle maintenant, c'est ce qui vous intéresse. Je ne vais pas rentrer plus dans le fond de l'histoire que la quatrième de couverture résume suffisamment. Dèjà, le point le plus positifs de mon point de vue c'est l'immersion dans la nouvelle qui est vraiment instantanée. On suit Pieter de suite dans sa survie, les descriptions sont très imagées et très réussies, ce qui conduit vraiment dans une ambiance très poisseuse, végétale et mousseuse. D'ailleurs, la couverture de David Revoy, retranscrit parfaitement bien la nouvelle et l'ambiance. L'histoire n'est pas en reste, j'ai beaucoup apprécié cette approche de fin de civilisation. Mon seul petit bémol est sur les révélations qui nous sont faites et qui sont ou aurait été devinés par le lecteur. Mais je pense que chaque lecteur peut réagir différemment selon que l'on soit habitué à ce genre, à savoir le post-apo.
Moyennant 0.99 €, une nouvelle qui sait trouver son lecteur et installer une ambiance rapide avec un background bien construit. A découvrir !





§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Courte interview de l'auteur : 

(enfin peu de questions et beaucoup de contenu dans les réponses ^^ )


Cornwall : Quand on visite ton site on voit que tu as rédigé ta nouvelle en mai dernier. Et tu l'as très rapidement mis en vente format numérique en auto-édition, pourquoi ce choix ?
Olivier Saraja : J'ai plusieurs projets en cours: un roman (terminé mais à environ 35% de réécriture), un projet de série (en cours de discussion avec un éditeur), et différentes nouvelles (la suivante est à 75% d'écriture, les deux suivantes sont au stade de synopsis virtuel dans ma tête: pas encore commencé à rédiger). Les nouvelles indépendantes, les éditeurs ne semblent pas trop friands en dehors d'anthologies: sans doute beaucoup de travail, pour un retour sur investissement très lent. Dans les formats courts, ils semblent privilégier les séries et les novellas. Les temps de réponse sont de l'ordre de plusieurs mois. Si on regarde bien, plusieurs éditeurs ont fermé les soumissions pour ce format, le temps de digérer, je suppose, ce qu'ils ont déjà dans les tiroirs. 
Pour ma part, j'ai fait le choix de publier quatre nouvelles en auto-édition. J'ai un grand respect pour ce mode d'édition, même s'il bénéficie d'une piètre vision sur le lectorat français. Peu m'importe. Je m'efforce de produire des textes de la plus grande qualité possible (avec bêta-lecteurs plus mise à contribution de la communauté CoCyclics), et je compte bien que les chroniques, les notes et commentaires pousseront les lecteurs curieux vers mes oeuvres en raison de leur qualité et leur bon accueil par mes lecteurs. 
Cela explique pourquoi je travaille si lentement: j'écris, je relis, je ré-écris, je pèse longuement les mots, cisèle lentement et délicatement mes phrases. Je veux vraiment produire des textes intéressants, bien calibrés. Et une fois passée cette très lente maturation, devoir attendre plusieurs mois supplémentaires pour qu'un éditeur ou l'autre prenne une décision quant à mon texte, m'est assez difficile (et pourtant, je m'estime patient!). J'ai donc choisi de publier mes nouvelles one shot sous la bannière de l'auto-édition. Cela aura un effet secondaire intéressant: celui de me forger une identité d'auteur, faire en sorte de marquer la mémoire des lecteurs, pour qu'ils puissent facilement se dire, plus tard "tiens, c'est lui qui a signé cette nouvelle-là, c'était sympa, j'ai envie de découvrir ce que vaut son roman".
C'est ma seule ambition: challenger l'appétit de lecture des amateurs, et m'insérer modestement dans les piles de lecture au milieu de grands auteurs.


Cornwall : La couverture de David Revoy restitue à merveille l'ambiance de la nouvelle, comment est née cette collaboration ?

Oliver Saraja : David est un formidable artiste. Nous nous connaissons depuis des années, de part notre engagement dans le domaine des logiciels libres, et plus particulièrement ceux de graphisme: Blender, Krita, MyPaint, Gimp... Nous partageons le même secteur géographique, la même envie de démocratiser les logiciels libres, le même appétit pour le fantastique et l'imaginaire. J'ai donc la chance de le compter parmi mes amis, au sens premier et noble du terme, pas celui galvaudé par les réseaux sociaux.

Lorsque je lui ai parlé de ma nouvelle "Spores!" il a été enthousiaste à l'idée d'en signer la couverture. À titre gracieux et amical, car ce n'est pas en vendant des formats courts sur le circuit de l'auto-édition que je pourrais espérer le rémunérer comme il se devrait. Mais bon: j'ai une cave et un frigo bien achalandés, on trouvera bien un terrain d'entente ;-)


Cornwall : Tu as à ton actif un ouvrage édité dans un domaine bien différent « la 3D libre avec blender 2.6 », et là tu écris une nouvelle d'anticipation et on découvre d'autres projets en cours, notamment Lady Bradsley. Comment t'es venu ce goût pour l'anticipation ? Lady Bradsley, appartiendra-t-il également au domaine de l’imaginaire, les Cocyclics t'ont-ils aidé également sur ce projet ?

Olivier Saraja : Anticipation, imaginaire... Je suis tombé dedans pendant mon enfance. J'ai commencé à jouer aux jeux de rôle à l'âge de dix ans (début années 80, faites les calculs) et j'ai très tôt été bercé par Tolkien, Lovecraft et consorts. Moorcock, Herbert, Simmons, Cook, Gemmel, Eddings figurent en bonne position dans ma bibliothèque. 
J'ai toujours écrit (des ouvrages de jeux de rôle, des articles pour la presse informatique, un livre informatique). Il n'y a pas eu de réelle transition vers la fiction, cela a toujours été là, concret: j'ai un roman terminé depuis des années, et je le réécris à "temps perdu". La seule nouveauté, c'est le format de la nouvelle, que j'ai (re)découvert grâce aux lectures numériques. J'ai été de suite conquis. 
Lady Bradsley est le personnage central de la série sur laquelle je travaille en ce moment. C'est une jeune femme, qui au cours des années 1900, tient un cabinet de consultante en affaires occultes. C'est une aventurière, plus au sens d'Adèle Blanc-Sec que de Lara Croft, toutefois. Les talents médiumniques qui sont les siens sont à la fois un Don mais aussi et surtout sa malédiction personnelle. J'espère que ses aventures (déjà trois décrites sur les six prévues) plairont autant au public qu'à mes bêta-lecteurs actuels, très enthousiastes.
Et oui, les grenouilles de CoCyclics officient à la troisième version de mon pilote de série :-) Cela se déroule toutefois hors forum, en raison de la longueur des épisodes...











lundi 11 novembre 2013

War-zu ar stered* : entretien avec Thomas Geha



Cornwall : Pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas, pourrais-tu te présenter, succinctement (ou pas) ?

Thomas Geha : Succintement, Thomas Geha, 37 ans, je vis à Rennes. Je publie des romans depuis 2005, des nouvelles depuis plus longtemps encore. Je suis également libraire spécialisé SF à Rennes (librairie Critic) et éditeur (éditions Ad Astra + travaux divers pour les éditions Critic).

C : Il y a deux ans paraissait « La guerre des Chiffonneurs ». En page de garde on découvrait alors Tome 1 : Planètes Pirates. Ici la page de garde indique Tome 0 : Planètes Pirates. « Sous l'ombre des étoiles » était-il déjà en projet durant l'écriture du tome 1 ?

T.G : Non. Quand j’ai fini La Guerre des Chiffonneurs, je me suis dit que j’allais attaquer aussitôt le tome 2, qui doit s’intituler « Ta gueule, l’univers ! », avec Alsha, la prostituée, comme personnage principal. Sauf que j’ai manqué de motivation, ou de je ne sais quoi au juste, et que je me suis mis à écrire tout autre chose, dans le même univers. Ce tout autre chose, c’est bien entendu Sous l’ombre des étoiles. Après La Guerre des Chiffonneurs, roman 100% action, je me suis rendu compte que j’avais envie de me lancer dans un récit un peu plus calme, avec une ambiance qui serait à l’opposée de La Guerre des Chiffonneurs. Comme on était en plein dans la polémique sur les Roms, les gens du voyage, ça a fait « tilt » dans mon esprit et j’ai imaginé un planet-opera, pour mon cycle Planètes Pirates, qui abordait cette thématique sous un angle particulier : « et si les humains, sans distinction, devenaient les Roms d’une planète qui n’est pas la leur ? ». Comme je ne voulais pas tomber dans le pessimisme bas de gamme, j’ai orienté mon propos et mon idée pour que les communautés que je décris dans le roman soient positives. Et que le dessein global du roman, la rencontre de différentes espèces et leur cœxistence, devienne un enjeu fort, autour de mon personnage principal, un naufragé.


C. : Combien de tomes va représenter « Planètes Pirates » ? Et saurais-tu déjà à peu près sur qui, sur quoi ils seront orientés ?

T.G. : J’ai environ quatre autres tomes en tête. Deux préquelles à Sous l’ombre des étoiles, et deux suites à La Guerre des Chiffonneurs. À ce titre, Sous l’ombre des étoiles, est le récit charnière du cycle. Les deux préquelles traiteront de la chute de la Fédération. Les deux autres séquelles traiteront des conséquences et de la construction d’un nouvel « ordre intergalactique » jusqu’à la conclusion qui met en scène l’arrivée des Tiges dans le nœud du problème.

C. : A l'heure actuelle, « Ta gueule, l’univers ! », toujours en projet d'écriture ? 


T.G. : Toujours en projet. Pour le coup, ce sera effectivement la suite directe de La Guerre des Chiffonneurs, une petite récréation comme l'était le précédent. Pas de prise de tête, de l'aventure, et encore de l'aventure avec, cette fois-ci, Alsha (la prostituée) dans le rôle principal. Le pitch tient sur une feuille OCB : Marcus a disparu, et Alsha part à sa recherche.


C. : Le tome 0 et le tome 1 peuvent se lire indépendamment, est-ce que cela restera toujours le cas pour les autres tomes ?

T.G. : Oui. Le dessein global dessine un ordre précis. En revanche, chaque volume pourra se lire indépendamment. Je n’aime pas les séries qui s’éternisent et obligent le lecteur à acheter le suivant pour raison de cliffhangers articficiels. Je laisse libre le lecteur de choisir le récit du cycle qui lui convient. D’autant que les tonalités vont être très différentes entre chaque roman.


C. : A la lecture de « Sous l'ombre des étoiles », le coté reptilien resurgit par les salamandres, ce qui m'a immanquablement fait penser au Sabre de Sang. Finalement, je me demandais si le monde du Sabre de Sang pouvait rejoindre celui de Planètes pirates, cela resterait cohérent. L'as tu envisagé toi aussi ?

T.G. : C’est une conversation que j’ai eu avec l’auteur jeunesse Danielle Martinigol. On en a pas mal rigolé, et on a même trouvé la solution pour faire se rejoindre mes deux univers. Sauf qu’en fait, je ne le ferai pas. Je n’y vois pas l’intérêt, et je trouverais ça artificiel. Je n’avais pas aimé, déjà, ce côté artificiel chez Asimov, qui avait fini par rattacher tous ses cycles. Je comprends l’idée d’un univers global, et la jouissance que cela peut éventuellement provoquer quand on regarde le tableau dans son intégralité. Mais j’ai encore du temps (j’espère) pour écrire autant de récits que je veux dans mes univers respectifs. Et puis j’ai tendance à aimer varier mes univers. Ce n’est pas pour les faire se rejoindre, du coup, mais pour m’éloigner de certains quand j’en ressens le besoin.


C. : J'ai également lu ta nouvelle « Les tiges » paru dans le destination Univers aux Éditions Griffe d'encre. Cette nouvelle fait également partie de l'univers « Planètes Pirates ». Sans surprise, j'ai beaucoup aimé cette nouvelle qui a été récemment primée par le prix Rosny-Ainé. Retrouvera-t-on les hommes-tiges dans un roman ?

T.G. : Oui. Antoine Cinerna (personnage qui est une création de mon pote Sébastien Martin. Rendons à César…) sera le fil rouge. Il devrait réapparaître dans d’autres récits. Tout comme les Tiges et leurs ennemis, les Ailaidarlis. Mais pour décrire cette guerre entre les Tiges et les Ailaidarlis, je préfère m’orienter vers la nouvelle, pour rassembler ensuite le tout en un fix-up. Je pense que cette façon de faire aura plus d’impact en terme de contenu, qu’un roman.

C. : Outre « Planètes Pirates », je sais que tu as d'autres projets en cours, notamment celui-ci « [ré]visions apocalyptiques », une première nouvelle « Ciel bleu d'un hier à jamais »  a paru dans l'anthologie « Rispote Apo » d'ImaJn'ère, ce fut un énorme coup de cœur pour moi. Aurais-tu des révélations à nous faire quant au devenir de ce projet, pour lequel je trépigne d'impatience ?

T.G. : Aucune révélation. J’ai un éditeur intéressé (une grande collection SF, si ce n’est la plus prestigieuse de toutes actuellement), mais je manque de temps pour écrire. J’ai de nombreux fragments d’écrits, mais je ne sais pas encore ce que je garderai ou jetterai. Bref, ça avance très très lentement  je suis extrêmement pointilleux sur ce projet, et je ne crois pas avoir fini avant 2 ans.

C. : A comme Alone et Alone contre Alone vont reparaître dans une version intégrale aux Éditions Critic, j'imagine que tu les a remaniés ? Quel travail cela a t-il représenté pour toi ? Pour moi qui les ai lu aux Éditions Rivière Blanche, que vais-je y trouver en plus ?



T.G. : C’est un travail sur lequel je suis actuellement, donc j’ai encore une vision précaire de ce qu’on pourra y retrouver en bonus. Néanmoins, ce qui est sûr, c’est que le premier tome a subi un brossage stylistique nécessaire, et j’ai ajouté deux ou trois scènes pour équilibrer le récit un peu mieux. Le deuxième volet devrait subir moins de modifications. Dans l’intégrale, on pourra également lire deux nouvelles : L’Ere du Tambalacoque (disponible dans Les Trésors de la Rivière Blanche) et une inédite.


C. : Je crois que tu as d'autres futurs publications, comme un thriller jeunesse peux-tu nous en parler un peu plus ?

T.G. : Je ne vais pas trop m'épancher sur la question, parce que le travail est toujours en cours et qu'il n'est pas encore annoncé par l'éditeur, Rageot. Mais le titre est "Cent Visages", c'est un thriller pour ados. Avec un background légèrement dystopique. ! 


C. : Comme l'a fait précédemment Ophélie Bruneau, je te demanderais de me choisir, ma prochaine lecture (s'entend dans les deux mois à venir ^^) dans ma Pile à lire : ICI (soit pas vache j'ai déjà la soupe aux choux à lire ...) :

T.G. : Et sinon, comme livre, je te choisis... Dominium Mundi de François Baranger ;)





*Vers les étoiles

mardi 4 juin 2013

Entrevue Gigahertzienne avec Ophélie Bruneau



Aujourd’hui, je vous propose pour la première fois sur ce blog une interview. Cette interview est celle d'Ophélie bruneau, auteure que j'apprécie à sa juste valeur, autant dire beaucoup. J'ai lu son 1er roman, « et pour quelques gigahertz de plus » paru aux éditions Ad Astra, qui m'avait alors beaucoup plus. Et même si son nouveau roman "L'ouroboros d'argent" paru aux éditions du chat noir correspond moins à mes habitudes de lectures, je me suis laissée convaincre parce que tout simplement c'est Ophélie et qu'elle fait partie des auteurs que je suis.




Bonjour Ophélie, pour lecteurs/lectrices qui ne te connaîtraient pas, pourrais-tu te présenter brièvement ?



Il était une fois une jeune femme créative et touche-à-tout, qui aimait diverses formes d'expression et qui ne s'est définitivement décidée pour l'écriture que vers l'âge de 27-28 ans.
Aujourd'hui, je suis l'auteur de deux romans publiés : "Et pour quelques gigahertz de plus..." aux éditions Ad Astra, et "L'Ouroboros d'argent" aux éditions du Chat Noir. J'ai collaboré au tome 3 des Arcanes de Naheulbeuk, aux éditions Clair de Lune. J'ai également repris la présidence de l'Armoire aux Épices, l'association qui m'a offert mes premières publications en fanzine.
J'ai une formation scientifique, je travaille dans le domaine de la paie (pas glamour mais ô combien utile) et j'habite en banlieue parisienne avec mari et enfants.


Ton premier roman « Et pour quelques gigahertz de plus » est paru en décembre 2011 chez ad astra. Peux tu nous raconter cette première expérience ?



Et pour quelques gigahertz de plus est mon vrai premier roman, le premier que j’ai écrit de bout en bout. En matière d’écriture comme de révision, je me suis fait la main dessus et il a essuyé pas mal de plâtres. En 2008, une première salve d’envois n’a recueilli que des refus, mais l’un d’eux, celui de Philippe Ward pour Rivière Blanche, se voulait encourageant : le récit avait du potentiel et moi aussi. J’ai donc repris le travail, et soumis le manuscrit à Ad Astra quand j’ai entendu parler d’eux à l’automne 2010. Xavier Dollo a accepté le roman très vite, tout en me prévenant qu’il y aurait du travail dessus. Et il y en a eu ! Mais c’était pour la bonne cause.

« Et pour quelques gigahertz de plus » est un roman SF plutôt space opéra, qu'est ce qui t'as poussé à écrire dans ce genre ?



Tout est parti du Prix Littéraire du Chaos, ou « PLC », un concours de nouvelles que nous organisions entre copains à une époque lointaine. En 2004, le thème « Dragon » appelait une ambiance très fantasy. J’ai donc tout naturellement pris le contre-pied en décidant que le dragon serait une créature alien, et en créant face à lui ce qui allait devenir le trio Serrano-Tikosh-Artemisia.
Détail amusant : en 2002, également pour le PLC et sur le thème « Vendredi 13 », j’ai créé Axel, le futur personnage central de L’Ouroboros d’argent. Je dois beaucoup à mes vieux projets, en fait.

Parles nous un peu plus de cette association dont tu es présidente : « l'armoire aux épices » ?



L’Armoire aux Épices est une association loi 1901, créée en 2008 pour promouvoir la littérature érotique. Nous publions un fanzine, Piments & Muscade, ainsi qu’un webzine, Vanille Givrée. Notre credo : combattre la sinistrose avec des textes souvent affriolants, mais pas forcément. C’est la qualité de la plume qui nous intéresse, pas la pornographie, même si certains de nos auteurs manient l’art du cru avec virtuosité.

Tant qu'on parle association, une partie de tes droits d'auteur sur « L'ouroboros d'argent » sera reversée à handi'cats, peux tu nous parler de cette association et exprimer ce qui t'as poussé à faire ce don ?


Handi’cats est une initiative d’un jeune couple normand, engagé dans les sauvetages d’animaux depuis longtemps et qui souhaitait se spécialiser dans les cas les plus difficiles : des chats et quelques chiens malades, blessés ou handicapés. Ces animaux sont généralement trouvés dans la rue ou sortis de fourrière. Ils subissent les soins appropriés au siège de l’association avant d’être répartis dans des familles d’accueil et, si possible, adoptés.

J’ai moi-même un pied dans la protection animale, comme le savent ceux qui m’ont vue transbahuter un cochon d’Inde au retour des Imaginales. L’acceptation de mon manuscrit par les éditions du Chat Noir est tombée à un moment où Handi’cats, qui a chaque mois de grosses factures vétérinaires, lançait un appel à dons, et l’idée est venue très naturellement.

"De l'autre coté du miroir" est aussi un livre auquel tu participes, quel rôle y joues-tu ? Et qu'est ce que ce projet "Le merveilleux est partout" ?


Le projet est une initiative du photographe Gaël Dupret, qui a subi plusieurs mutations ces derniers mois. « De l’autre côté du miroir » doit être le premier de deux livres comportant des photos de créatures fantastiques, chacune située dans un cadre contemporain et accompagnée d’un conte. Il est actuellement en souscription en vue d’une auto-publication, probablement à l’automne. J’y participe en tant que modèle et en tant qu’auteur.

La couverture d'Ouroboros d'argent adopte un visuel plus bit lit, et toi comment classifierais tu ton dernier livre ?



Bit-lit à un code près : celui qui veut que l’action soit centrée sur une héroïne. Comme, aux dernières nouvelles, Axel était un garçon, le terme « fantasy contemporaine », ou « urban fantasy », devrait convenir à tout le monde.



Je viens de lire L’Ouroboros d'argent, c'est très différent de "et pour quelques gigahertz de plus". Comment as tu travaillé ce dernier roman ? Est ce que tu t'es documenté sur la lycanthropie ?


Comme la ligne temporelle est très concentrée sur ce roman, j'ai accordé une attention particulière à la chronologie, et à la cohérence des temps de parcours (Mappy et Google Maps ont été mes amis). En revanche, je ne me suis pas particulièrement documentée sur les loups-garous, puisque j'avais déjà commencé à développer "mon" mythe pour cette univers bien des années auparavant.


J'ai aimé dans ton roman le fait qu'il soit campé sur notre réalité de tous les jours. Cette intégration, cette gestion du loup garous dans notre quotidien a très bien fonctionné pour que je me dise finalement oui le merveilleux est partout !
Alors j'en viens à ma question, comment as tu construit tes personnages ? (D'ailleurs, je me suis beaucoup retrouvé dans Julie )

Mes fiches de personnages restent toujours succinctes : ils prennent vraiment vie au moment de l'écriture. Je ne sais donc pas forcément quel est leur écrivain préféré ou qui leur a servi de modèle quand ils étaient petits, mais je leur pose un historique rapide, des traits de caractère et un gimmick distinctif (qui peut ne pas être exploité dans le roman, mais qui m'aide à les "sentir"). Tout est une affaire de feeling.


L'intrigue se passe en France, beaucoup en Auvergne notamment Salers, pourquoi ces choix ?
Par contre je n'ai pas trouvé Soleil du Diable, pure invention ou bien ?



Pourquoi en France ? Parce qu'une histoire ne devient pas plus intéressante ou plus sexy si elle se déroule à Londres ou à New York, surtout sous la plume d'un auteur qui a relativement peu voyagé en Estrangie. J'ai visité Salers il y a quelques années, j'ai trouvé la ville magnifique et j'en ai ramené mon bracelet à l'hématite, qui ne me quitte plus depuis. Idem pour Dijon, que j'aime beaucoup.
Soleil-du-Diable est effectivement une pure invention, quelque part le long de la D2089. Autant installer une meute d'une douzaine de garous dans une ville de la taille de Nantes ne change pas grand-chose à sa nature, autant je ne me vois pas prendre un vrai village et décider qu'une bonne partie de sa population pourrait figurer au casting de Charmed (ou de Hero Corp). Soleil est une figure très ancienne de mon imaginaire, avec son historique et ses grandes familles.


Penses-tu revenir dans cet univers lycanthropique, ou bien dans le merveilleux, finalement Capucine ouvre une porte sur autre chose qui pourrait être exploité ?


J'en ai bien l'intention. Avant la fin de l'année, quelqu'un d'autre regardera à travers la porte entrouverte par Capucine.

As-tu d'autres projets en cours, roman, nouvelle à paraître ?


Toujours ! J’ai quelques nouvelles à paraître, mais aucun planning fixe à annoncer à ce sujet. Et il y aura d’autres romans, dont au moins un chez Ad Astra, avec une partie des personnages d’Et pour quelques gigahertz de plus. J’en suis encore au stade dit du « petit scarabée », où l’on écrit des textes avant de savoir si on les publiera et avec qui, donc j’en ai quelques-uns d’avance.


Comment expliques tu que les personnes qui lisent de la SFFF et qui écoutent du Métal soient aussi Merveilleuses ? 


Les lectures de l’imaginaire apprennent à regarder notre monde sous un autre éclairage, et le métal lui fournit la meilleure bande-son qui soit. Les deux ensemble donnent la tête bien faite et le poil luisant.


Question bonus pour les lecteurs de « Et pour quelques GIGAHERTZ de plus » ? Il paraîtrais que la couverture n'ait pas toujours été bien comprise, serais tu prêtes à lever ce mystère et nous l'expliquer ? à moins que tu ne préfères laisser chacun libre de son opinion ?


Laurent Guillet, l’illustrateur, est parti sur le personnage de Shania Artemisia, la découverte de son interface neurale toute neuve, et aussi son largage à l’aide d’une capsule de jelly. À partir de là, la license artistique a joué.


Ophélie, merci d'avoir joué le jeu de cette interview, j'aurais une dernière chose à te demander, pourrais tu me choisir ma prochaine lecture, je te propose ma PAL répertoriée sur babelio pour faire ton choix et me l'expliquer ;) !


Tu DOIS lire le premier tome du Guide Galactique de Douglas Adams. Pas seulement parce que c'était un grand monsieur (dans tous les sens du terme), mais parce que la trilogie en cinq parties est un des ouvrages qui m'ont donné envie d'écrire de la science-fiction. C'est drôle. C'est plein d'idées. C'est parfois triste et souvent poétique. Bref, IL LE FOOO !



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...