mardi 19 novembre 2013

La constellation du chien – Peter Heller




Hig et Bangley par la force des choses vivent dans un aérodrome qu'ils ont transformé en véritable place d'arme stratégique. Hig est un pilote dans l'âme, il effectue des rondes régulières à bord de la Bête, son vieil avion Cessna 182 de 1956. Ces rondes, il ne les fait jamais sans être accompagné de co-pilote, son plus vieil et plus fidèle compagnon, son chien, Jasper. Cela fait maintenant neuf ans, depuis la fin de toutes choses, qu'il vit comme ça avec Bangley, un fou de la gâchette, un stratège hors paire. Qui n'a de cesse à rappeler à Hig, que la négociation n'existe plus, commence à négocier, tu mises alors ta vie. 
Cessna 182

Hig lui est un humaniste amoureux de la nature, un poète, qui n'a de cesse de constater les dégâts d'un réchauffement climatique sur la faune et la flore environnante, il ne peut plus pêcher de truite. Mais il se raccroche à des rêves, il se met en quête d'un élan persuadé d'avoir vu des traces car Hig est aussi un excellent pisteur. Puis, il en vient à se raccrocher également à un message radio qu'il a intercepté lors d'un vol il y a 3 ans pas très loin de Grand Junction (Colorado)

Hig continue malgré la désapprobation de Bangley de venir en aides aux familles, des mennonites atteints de la maladie du sang. L'humanité est déchue après une pandémie de grippe et de maladie du sang, le réchauffement climatique vient entériner les derniers espoirs de survie. Pourtant Hig chercher des réponses et 3 ans après cet appel radio reçu dans la Bête, un événement va le pousser à quitter Bangley et la sécurité de l’aérodrome pour trouver des réponses ailleurs, retrouver une vie autrement même s'il doit pour ça se mettre en danger.



Dans un premier temps il faut admettre que l'écriture de Peter Heller peut surprendre. Propos décousus, phrases inachevées. Le livre retransmet la vie Hig de son point de vue, lucide sur la situation mais bien
Constellation du chien , une des
plus ancienne constellation
conscient qu'il n'a plus toujours toute sa tête. L'écriture de Peter Heller est telle que son personnage principal.
L'ambiance globale du livre m'a fait penser pour ceux qui l'on vu au film "Into the Wild"  sauf que Hig vit avec un personnage atypique, qu'on pourrait qualifié comme le bourrin de base sans peur et sans reproche, j'ai nommé : Bangley. Qui finalement se révèle plus qu'il n'y parait, un fin stratège qui est déterminé à survivre et où pour lequel plus aucun compromis n'est possible avec des personnes venues de l'extérieur. Les survivants, pour ce qu'il en reste, ne viennent pas pour conter fleurette, non s'ils viennent là c'est forcement qu'ils veulent ce que tu as : 

« Ça c'est mon Hig. Après la première salve il en restera entre sept et cinq. Tu es à l'abri, dissimulé, et s'ils croient que ça vaut la chandelle de risquer leur peau qui vaut pas un clou pour continuer d'avantage alors que tu viens de buter leurs potes, c'est qu'ils sont plus dangereux que je crois. Ils le feront sans doute pas. Par contre, ils seront surement en rogne. Pas oublier le facteur rogne. très important. Le facteur à la con du t'as-buté-mon-jumeau-attardé. et là t'as vraiment l'avantage. »


Il m'est arrivé de sourire en lisant ce roman qui n'a pourtant rien d’humoristique. Oui c'est du post apocalyptique, mais le livre ne se révèle nullement noir ou sombre, il est réaliste, réaliste sans être morbide ou sauvagement cruel. Certaines situations se révèlent cocasses, et Hig poète dans l'âme trouvent toujours de belles descriptions aux choses qu'il lui arrive. Parce que Hig lui veut encore croire que des compromis sont possible et bien souvent il déchante. 

« Le sifflement bien connu des balles dans les westerns et les films de guerre, eh ben vous savez quoi ? C'est exactement ça. Elles produisent un ffft comme quelqu'un qui ouvre une bouteille de soda. Fatal Soda.Une sorte de vide à la vitesse d'un canard en piqué. Suivi presque en simultané d'un petit bourdonnement, un petit point d'exclamation musical. »

Le livre se révèlent être un véritable hymne à la nature qui est en soit le véritable personnage centrale de ce livre. Là je n'ai aucune citation à vous proposer tant le livre en regorge. Hig amoureux de la nature ne manque jamais de partager cette amour contemplatif de la nature, malgré la fin de toute chose, la fin de tous les temps, Hig sait y dénicher la parcelle de vie, de lumière. 

« Toutefois, je passais aussi des nuits pleines de tristesse. J'étais triste autant à cause de la nature éphémère de mon bonheur actuel que de la perte, du passé.Nous vivions moins sur une plaine vallonnée qu'au bord d'un gouffre. Qui sait quelle attaque, quelle maladie. Cette dualité à nouveau. Comme de piloter : vitesse et immobilité, danger et sérénité. Cette façon d'engloutir l'espace avec la Bête tout en ayant à peine l'impression de bouger, cette sensation d'évoluer dans une peinture. »

Peter Heller nous offre ici son premier roman, un post apocalyptique tout en finesse. Que j'ai grandement apprécié, pour son approche de la nature, la poésie dans ces textes, ces personnages entiers, véritablement attachant. Un récit cohérent, où l'humanité aurait encore peut être sa place. Le tout servi dans les grands espaces Etats-Uniens tels que je les affectionne, l'écriture de Peter Heller retransmets ce même amour de la nature que Terri Wendlind dans l'épouse de bois .

« poème de li shang-yin :

Quand serais-je chez moi ?
Quand serais-je chez moi ? Je ne le sais pas
Dans les montagnes, par cette nuit pluvieuse
Le lac d'automne est en crue
Un jour nous nous retrouverons
A la lumière de la bougie près de la fenêtre qui donne à l'ouest.
Et je te dirai quel souvenir j'ai eu de toi
Ce soir sur la montagne orageuse. »


           




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