dimanche 28 septembre 2014

Déchirés de Peter Stenson


Editions : Super 8
Traduit de l'anglais par Pierre Szczeciner
Date de parution : 28 Août 2014
Prix papier : 21 € / prix numérique : 12.99 €
315 pages

Accro à la méthamphétamine, Chase Daniels est un junkie minable sans cesse en quête d’un nouveau fix. Quand il se réveille un beau matin pour voir une fillette déchiqueter un rottweiler, il ne s’inquiète pas plus que ça. Ouais, peut-être qu’il devrait.
Car la fin des temps est là : les rues grouillent de zombies avides de chair humaine, et survivre est devenu un objectif à très court terme. Mais que signifie l’apocalypse, se demande Chase, quand la société a déjà tiré sur vous un trait définitif ? Et cette malédiction, qui semble toucher tout le monde sauf lui et son ami Typewriter, n’est-elle pas l’occasion qu’il attendait – celle de prendre un nouveau départ et d’accomplir enfin quelque chose de grandiose ?
Dans un monde livré au chaos et aux flammes, le « nouveau » Chase Daniels, perdu dans ses rêves de rédemption et d’amour fou, se met en tête de retrouver son ex-petite amie et de la sauver. Les règles du jeu ont changé : désormais, c’est tuer ou être tué, fuir sans penser au lendemain. Hanté par les fantômes du passé, dévoré par le manque, Chase ne court-il pas au-devant de sa dernière désillusion ?

Et voici encore une lecture zombiesque. L'histoire est celle de Chase Daniels, junkie, constamment défoncé à la méthamphétamine avec son ami Sténo. Là, un matin effectivement, ils constatent que les choses n'ont pas l'air de tourner très rond, les rues sont désertes et visiblement les gens sont zombifiés. Et d'aventure en défonce, leur lucidité dépravée leur permettre de mettre en relief un facteur fondamental, tous les survivants sont des junkies, ils vont donc continuer à se foncder pour ne pas se transformer. Le hic, c'est qu'il faut avoir de la came pour se défoncer, et dans les temps zombiesques, c'est franchement pas une mince affaire. Voilà, on va suivre les aventures toxico d'un junkie ou la survie en territoire zombie pour les nuls toxicos.
Si les choses se sont vraiment passés comme je le crois - les gens sont soit morts, soit transformés en morts-vivants -, où est la panique ? C'est pourtant comme ça que ça se passe dans les films. Un mec se fait mordre dans un pays à la con, il rentre aux Etats-Unis, dévore toute sa famille, et , de là, l'infection s'étend aussi vite qu'une MST dans une équipe de foot.
Le livre est très dynamique, Chase et Sténo (qui aussi surprenant soit-il ne porte pas le même nom en 4ème de couverture !!) sont souvent confrontés aux zombies, l'action est tenante et dégoulinante. Il n'y pas beaucoup de répits. La recherche d'ingrédients pour cuisiner la drogue vont les conduire dans des situations désespérées, et leur défonce dans des situations exaspérantes.
Le livre a de bons cotés, on vit vraiment les tourments du drogué de l'intérieur. On ressent très bien le  point de vue de Chase, son introspection constante, sa descente aux enfers. Chase est vraiment l'anti-héros par excellence, il dégoute, il est égoïste, tête à claque. On a presque envie qu'il se fasse dépecer.
Le roman se révèle être très sombre, où les seuls moment d'accalmies sont dus à la nostalgie par l'évocation de leur souvenirs d'enfance. Malgré le rythme du livre, l'histoire tourne en boucle, toujours la recherche de la drogue puis paf ça merde et puis paf on recherche encore et pas ça re-merde. Du coup, il y a un moment dans le livre où j'ai commencé à m'ennuyer. quelques coupes dans le roman n'aurait pas fait de mal. Après il y a vraiment des moments très forts. Le coté ricanement du zombie est vraiment crispant et flippant, les descriptions sont, elle, très imagées, le coté gore est très bien géré. Bref, tous ce qu'on peut s'attendre d'un bouquin zombie. Les morts ne sont pas là où on les attends, là aussi, l'ambiance défonce y joue pour beaucoup.  Et enfin la fin laisse songeuse ...
Nos histoires parlent toutes de l'enfance, de la famille, c'est là que l'on veut retourner, une vie plus simple, faite d'amour et d'attentions où le futur n'a pas d'importance, et je pense à nous, qui voulons retrouver cet état d’innocence, je pense à la petite fille qui jouait avec le chien, moi qui trouvais que c'était mignon alors que c'était le début de la fin, et je pense au moment où elle a sauté à la gorge du rottweiler, et peut-être qu'en fait, c'était la fin de la fin. Nos meilleurs souvenirs sont des Polaroïds d'ignorance.
Vous êtes prévenus Déchirés n'est pas qu'un roman zombie, c'est un roman qui sonde la noirceur de l'âme d'un junkie. Et le D est de mise, D comme Dégueulasse, Dépravé, Déroutant, Défoncé, Dévoré, Débauché, Dévasté, Désaxé, D comme DÉCHIRÉS. Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous aura pas prévenu.




ma note :   






7 commentaires:

  1. Finalement, je n'ai plus si envie que ça de le lire... A voir ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu l'as ? Si tu ne l'as pas je peux t'envoyer mon exemplaire si ça t'intéresse.

      Supprimer
  2. Il est dans ma PAL, ton avis m'intrigue surtout sur l'aspect junkie. Vais peut-être le sortir rapidement de ma bibliothèque alors :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'aspect Junkie est très bien fichu, rien à dire la dessus, mais il faut être bien conscient que le thème de la toxicomanie n'a rien de reluisant, et là l'auteur tape vrai et dure.

      Supprimer
  3. Ah, j'attendais ta chronique :) je suis intriguée et j'espère que j'arriverai à dépasser ces instants "en boucle"

    RépondreSupprimer
  4. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

    RépondreSupprimer
  5. J'ai le même ressenti que toi ! Même si j'ai beaucoup + aimé je crois (4.5/5) :D J'ai aussi vu toutes ces longueurs et répétitions, et il est vrai que certaines auraient peut-être mérités quelques coupes de la part de l'éditeur. Mais l'esprit complètement barré du truc a remporté mon adhésion <3

    RépondreSupprimer

déposez votre ânerie

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...