jeudi 6 juin 2013

L'une rêve, l'autre pas – Nancy Kress


Editions : ActuSF
Collection : Perles d’Épice / Hélios
Traduit par Claire Michel
Illustration de couverture : PROP4G4ND4
Date de parution : 10/2012 - 09/2016 (poche)
Prix GF (épuisé) : 12 € / Prix numérique : 3,99 € / Prix poche : 7,00€
160 pages



« Docteur... savez-vous combien j’aurais pu accomplir en plus si je n’avais pas dû dormir toute ma vie ? »

Alors que deux jumelles viennent au monde, l’une d’elles a été génétiquement modifiée pour ne plus avoir besoin de sommeil. Chaque jour, elle dispose de huit à dix heures en plus pour vivre et découvrir le monde... Des heures qui feront aussi d’elle un être à part.
Dès lors, comment trouver sa place dans une société qui n’est plus la vôtre ?
Nancy Kress est l’une des belles voix de l’imaginaire mondial avec des romans comme Après la chute, Le Nexus du Docteur Erdmann ou encore Les Hommes dénaturés. Elle développe une science fiction au carrefour de la science, de la conscience sociale et de la poésie. L’une rêve, l’autre pas est son chef-d’œuvre. Il a obtenu le prix Hugo, le prix Nebula, le prix Asimov des lecteurs, le Grand Prix de l’Imaginaire et le prix décerné par Science Fiction Chronicle.

mardi 4 juin 2013

Entrevue Gigahertzienne avec Ophélie Bruneau



Aujourd’hui, je vous propose pour la première fois sur ce blog une interview. Cette interview est celle d'Ophélie bruneau, auteure que j'apprécie à sa juste valeur, autant dire beaucoup. J'ai lu son 1er roman, « et pour quelques gigahertz de plus » paru aux éditions Ad Astra, qui m'avait alors beaucoup plus. Et même si son nouveau roman "L'ouroboros d'argent" paru aux éditions du chat noir correspond moins à mes habitudes de lectures, je me suis laissée convaincre parce que tout simplement c'est Ophélie et qu'elle fait partie des auteurs que je suis.




Bonjour Ophélie, pour lecteurs/lectrices qui ne te connaîtraient pas, pourrais-tu te présenter brièvement ?



Il était une fois une jeune femme créative et touche-à-tout, qui aimait diverses formes d'expression et qui ne s'est définitivement décidée pour l'écriture que vers l'âge de 27-28 ans.
Aujourd'hui, je suis l'auteur de deux romans publiés : "Et pour quelques gigahertz de plus..." aux éditions Ad Astra, et "L'Ouroboros d'argent" aux éditions du Chat Noir. J'ai collaboré au tome 3 des Arcanes de Naheulbeuk, aux éditions Clair de Lune. J'ai également repris la présidence de l'Armoire aux Épices, l'association qui m'a offert mes premières publications en fanzine.
J'ai une formation scientifique, je travaille dans le domaine de la paie (pas glamour mais ô combien utile) et j'habite en banlieue parisienne avec mari et enfants.


Ton premier roman « Et pour quelques gigahertz de plus » est paru en décembre 2011 chez ad astra. Peux tu nous raconter cette première expérience ?



Et pour quelques gigahertz de plus est mon vrai premier roman, le premier que j’ai écrit de bout en bout. En matière d’écriture comme de révision, je me suis fait la main dessus et il a essuyé pas mal de plâtres. En 2008, une première salve d’envois n’a recueilli que des refus, mais l’un d’eux, celui de Philippe Ward pour Rivière Blanche, se voulait encourageant : le récit avait du potentiel et moi aussi. J’ai donc repris le travail, et soumis le manuscrit à Ad Astra quand j’ai entendu parler d’eux à l’automne 2010. Xavier Dollo a accepté le roman très vite, tout en me prévenant qu’il y aurait du travail dessus. Et il y en a eu ! Mais c’était pour la bonne cause.

« Et pour quelques gigahertz de plus » est un roman SF plutôt space opéra, qu'est ce qui t'as poussé à écrire dans ce genre ?



Tout est parti du Prix Littéraire du Chaos, ou « PLC », un concours de nouvelles que nous organisions entre copains à une époque lointaine. En 2004, le thème « Dragon » appelait une ambiance très fantasy. J’ai donc tout naturellement pris le contre-pied en décidant que le dragon serait une créature alien, et en créant face à lui ce qui allait devenir le trio Serrano-Tikosh-Artemisia.
Détail amusant : en 2002, également pour le PLC et sur le thème « Vendredi 13 », j’ai créé Axel, le futur personnage central de L’Ouroboros d’argent. Je dois beaucoup à mes vieux projets, en fait.

Parles nous un peu plus de cette association dont tu es présidente : « l'armoire aux épices » ?



L’Armoire aux Épices est une association loi 1901, créée en 2008 pour promouvoir la littérature érotique. Nous publions un fanzine, Piments & Muscade, ainsi qu’un webzine, Vanille Givrée. Notre credo : combattre la sinistrose avec des textes souvent affriolants, mais pas forcément. C’est la qualité de la plume qui nous intéresse, pas la pornographie, même si certains de nos auteurs manient l’art du cru avec virtuosité.

Tant qu'on parle association, une partie de tes droits d'auteur sur « L'ouroboros d'argent » sera reversée à handi'cats, peux tu nous parler de cette association et exprimer ce qui t'as poussé à faire ce don ?


Handi’cats est une initiative d’un jeune couple normand, engagé dans les sauvetages d’animaux depuis longtemps et qui souhaitait se spécialiser dans les cas les plus difficiles : des chats et quelques chiens malades, blessés ou handicapés. Ces animaux sont généralement trouvés dans la rue ou sortis de fourrière. Ils subissent les soins appropriés au siège de l’association avant d’être répartis dans des familles d’accueil et, si possible, adoptés.

J’ai moi-même un pied dans la protection animale, comme le savent ceux qui m’ont vue transbahuter un cochon d’Inde au retour des Imaginales. L’acceptation de mon manuscrit par les éditions du Chat Noir est tombée à un moment où Handi’cats, qui a chaque mois de grosses factures vétérinaires, lançait un appel à dons, et l’idée est venue très naturellement.

"De l'autre coté du miroir" est aussi un livre auquel tu participes, quel rôle y joues-tu ? Et qu'est ce que ce projet "Le merveilleux est partout" ?


Le projet est une initiative du photographe Gaël Dupret, qui a subi plusieurs mutations ces derniers mois. « De l’autre côté du miroir » doit être le premier de deux livres comportant des photos de créatures fantastiques, chacune située dans un cadre contemporain et accompagnée d’un conte. Il est actuellement en souscription en vue d’une auto-publication, probablement à l’automne. J’y participe en tant que modèle et en tant qu’auteur.

La couverture d'Ouroboros d'argent adopte un visuel plus bit lit, et toi comment classifierais tu ton dernier livre ?



Bit-lit à un code près : celui qui veut que l’action soit centrée sur une héroïne. Comme, aux dernières nouvelles, Axel était un garçon, le terme « fantasy contemporaine », ou « urban fantasy », devrait convenir à tout le monde.



Je viens de lire L’Ouroboros d'argent, c'est très différent de "et pour quelques gigahertz de plus". Comment as tu travaillé ce dernier roman ? Est ce que tu t'es documenté sur la lycanthropie ?


Comme la ligne temporelle est très concentrée sur ce roman, j'ai accordé une attention particulière à la chronologie, et à la cohérence des temps de parcours (Mappy et Google Maps ont été mes amis). En revanche, je ne me suis pas particulièrement documentée sur les loups-garous, puisque j'avais déjà commencé à développer "mon" mythe pour cette univers bien des années auparavant.


J'ai aimé dans ton roman le fait qu'il soit campé sur notre réalité de tous les jours. Cette intégration, cette gestion du loup garous dans notre quotidien a très bien fonctionné pour que je me dise finalement oui le merveilleux est partout !
Alors j'en viens à ma question, comment as tu construit tes personnages ? (D'ailleurs, je me suis beaucoup retrouvé dans Julie )

Mes fiches de personnages restent toujours succinctes : ils prennent vraiment vie au moment de l'écriture. Je ne sais donc pas forcément quel est leur écrivain préféré ou qui leur a servi de modèle quand ils étaient petits, mais je leur pose un historique rapide, des traits de caractère et un gimmick distinctif (qui peut ne pas être exploité dans le roman, mais qui m'aide à les "sentir"). Tout est une affaire de feeling.


L'intrigue se passe en France, beaucoup en Auvergne notamment Salers, pourquoi ces choix ?
Par contre je n'ai pas trouvé Soleil du Diable, pure invention ou bien ?



Pourquoi en France ? Parce qu'une histoire ne devient pas plus intéressante ou plus sexy si elle se déroule à Londres ou à New York, surtout sous la plume d'un auteur qui a relativement peu voyagé en Estrangie. J'ai visité Salers il y a quelques années, j'ai trouvé la ville magnifique et j'en ai ramené mon bracelet à l'hématite, qui ne me quitte plus depuis. Idem pour Dijon, que j'aime beaucoup.
Soleil-du-Diable est effectivement une pure invention, quelque part le long de la D2089. Autant installer une meute d'une douzaine de garous dans une ville de la taille de Nantes ne change pas grand-chose à sa nature, autant je ne me vois pas prendre un vrai village et décider qu'une bonne partie de sa population pourrait figurer au casting de Charmed (ou de Hero Corp). Soleil est une figure très ancienne de mon imaginaire, avec son historique et ses grandes familles.


Penses-tu revenir dans cet univers lycanthropique, ou bien dans le merveilleux, finalement Capucine ouvre une porte sur autre chose qui pourrait être exploité ?


J'en ai bien l'intention. Avant la fin de l'année, quelqu'un d'autre regardera à travers la porte entrouverte par Capucine.

As-tu d'autres projets en cours, roman, nouvelle à paraître ?


Toujours ! J’ai quelques nouvelles à paraître, mais aucun planning fixe à annoncer à ce sujet. Et il y aura d’autres romans, dont au moins un chez Ad Astra, avec une partie des personnages d’Et pour quelques gigahertz de plus. J’en suis encore au stade dit du « petit scarabée », où l’on écrit des textes avant de savoir si on les publiera et avec qui, donc j’en ai quelques-uns d’avance.


Comment expliques tu que les personnes qui lisent de la SFFF et qui écoutent du Métal soient aussi Merveilleuses ? 


Les lectures de l’imaginaire apprennent à regarder notre monde sous un autre éclairage, et le métal lui fournit la meilleure bande-son qui soit. Les deux ensemble donnent la tête bien faite et le poil luisant.


Question bonus pour les lecteurs de « Et pour quelques GIGAHERTZ de plus » ? Il paraîtrais que la couverture n'ait pas toujours été bien comprise, serais tu prêtes à lever ce mystère et nous l'expliquer ? à moins que tu ne préfères laisser chacun libre de son opinion ?


Laurent Guillet, l’illustrateur, est parti sur le personnage de Shania Artemisia, la découverte de son interface neurale toute neuve, et aussi son largage à l’aide d’une capsule de jelly. À partir de là, la license artistique a joué.


Ophélie, merci d'avoir joué le jeu de cette interview, j'aurais une dernière chose à te demander, pourrais tu me choisir ma prochaine lecture, je te propose ma PAL répertoriée sur babelio pour faire ton choix et me l'expliquer ;) !


Tu DOIS lire le premier tome du Guide Galactique de Douglas Adams. Pas seulement parce que c'était un grand monsieur (dans tous les sens du terme), mais parce que la trilogie en cinq parties est un des ouvrages qui m'ont donné envie d'écrire de la science-fiction. C'est drôle. C'est plein d'idées. C'est parfois triste et souvent poétique. Bref, IL LE FOOO !



L'Ouroboros d'Argent - Ophélie Bruneau


Après son premier roman « et pour quelques gigahertz de plus » paru aux éditions Ad astra. Ophélie nous revient avec un nouveau roman d'un tout autre genre publié chez les éditions du chat noir. A noter également qu'une partie des droits d'auteurs sera reversé à l'association Handi'cats

Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd'hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage.
Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd'hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l'objet responsable d'une vieille malédiction.
À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n'hésitera pas à détruire la vie d'Axel s'il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l'aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l'Ouroboros d'argent.
L'artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?
Le roman commence sur une chasse au Lunard, un garou ayant échoué dans sa transformation. On découvre alors la meute dijonnaise, dont Célia fait partie avec Claudio et Capucine, jeune garou ayant depuis peu appris qu'elle était garou. Les garous se reconnaissent entre eux par leur odeur-aura. Ce qui permet aux garous confirmés de chaperonner et initier, les jeunes garous n'ayant pas encore connaissance de leur nature lycanthrope.
Nous faisons ensuite Connaissance avec Axel, garou également appartenant à la meute Nantaise, mais qui a pris ces distances et habite Nevers. Axel a une petite amie, Julie, elle ignore tout de la nature de son petit ami. Axel habite en co-location avec un jeune homme, Dérénick.
Axel est appelé par son chef de meute pour rapatrier un héritage. Quand un garou meurt, il y a tout un protocole à respecter vis à vis des autres meutes. Alex doit donc se rendre à Salers récupérer l'héritage pour la Meute Nantaise.
Mais voilà Célia, va vouloir aussi s'y rendre, il se trouve que son grand-père est victime d'un sortilège dû au défunt qui a condamné son grand-père à ne plus pouvoir se transformer en garou. La clef du maléfice repose sur une boucle de ceinture en argent représentant un Ouroboros. Célia part donc en quête de retrouver cet Ouroboros d'argent afin de délivrer son grand-père de ce maléfice, mais rien ne se déroule telle qu'elle le voudrait. L'Ouroboros demeure introuvable à Salers. Et Axel se retrouve pris dans une guérilla entre garous dont il ne connaît rien mais où Célia se persuade qu'il y tient forcement un rôle de part son appartenance à la meute Nantaise et par les relations que celle ci entretenait avec le défunt.
Axel se retrouve donc baladé dans une histoire qui le dépasse mais dans lequel on le forcera à jouer un rôle faute de quoi, ça ne sera pas sans conséquence. Mais effectivement cette quête obstinée de Célia à retrouver l'Ouroboros d'argent qui délivrera peut être son grand père vaut-elle tous ces sacrifices ?

Ophélie Bruneau nous offre ici, un roman d'aventure contemporaine, plus proche de l'urban fantasy que de la bit-lit pour ma part. Elle a su s’approprier le mythe du loup-garou avec brio, elle a su créer un univers qui ne demande qu'à devenir réel. J'ai aimé cette proximité avec les personnages, leur vie, leur caractère. Le petit coté road movie aussi est très sympa et en plus nous fait voyager en France, ce qui est pour moi une excellente idée. J'ai trouvé très agréable de pouvoir suivre ce périple avec les personnages, de les suivre sur des itinéraires qu'on pourrait connaître.

Comme pour « et pour quelques gigahertz de plus », Ophélie a su faire un roman dans un univers complet et maîtrisé tout en nous offrant un excellent divertissement qui se lit avec une très grande facilité. 
Par contre je reste pas très fan de la couverture, après ça correspond à l'image des livres parus aux éditions du chat noir. En fait je crois que je n'aime pas trop qu'on me donne l'image des personnages à l'avance, d'autant plus qu’après lecture ça n'est pas du tout l'idée que je m'en fait ^^

           

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